Histoire

Situé à 40 km à l’ouest de Chartres, le domaine des Vaux s’étend sur deux communes : Saint-Maurice-Saint-Germain et Pontgouin. Le château primitif du XVIIe siècle n’a pris son aspect actuel qu’entre 1850 et 1880 grâce au marquis Etienne de Pomereu d’Aligre. Depuis 1946, il appartient aux Apprentis d’Auteuil qui y accueillent, forment et insèrent près de 800 jeunes. 

Les origines

Composée au XVIIe siècle d’un bâtiment unique, la propriété de Charles du Roussin, escuyer et sieur de la Comté des Vaux, est achetée vers 1780 par un certain Desvaux désireux de la transformer en ferme. Faute de moyens financiers, celui-ci ne peut la garder et la cède à un dénommé Louis Dussieux peu avant 1789. Après la mort de ce dernier en 1804, ses enfants vendent le domaine au Marquis d’Aligre, seigneur de Boislandry, 6ème du nom, qui le transmet à son petit-fils le marquis Etienne-Marie-Charles de Pomereu d’Aligre.

Au temps du marquis

Désireux de faire du Château des Vaux la résidence la plus somptueuse de la région et de ses 99 propriétés, le Marquis Pomereu d’Aligre en entreprend la rénovation à travers l’agrandissement de la partie centrale, la construction des deux ailes et des dépendances, le dessin des jardins à la Française… Les travaux, qui auront notamment nécessité de détourner le cours de l’Eure, prendront fin en 1881, deux ans après la mort du marquis.

Il subsiste aujourd’hui sur le site de nombreux vestiges de cette résidence princière :

  • Les jardins : Sur les bords de l’Eure s’étendent des jardins à la Française dont les allées, de la largeur des tours, ont gardé  statues et bassins d’origine. Transformés en potager à l’après-guerre, les jardins, progressivement réhabilités, sont aujourd’hui entretenus par les élèves du lycée horticole et paysager.
  • Les salons : Les bas reliefs et les plafonds du Grand Salon, de la Salle de Billard et de la Salle à Manger du Marquis sculptés et peints à l’huile ou à l’or fin, illustrent successivement les quatre saisons et la mythologie grecque. Les parquets de chêne marqueté sont semblables à ceux du palais de Versailles.
  • La cour vitrée : Conçue pour abriter le Grand Manège du Marquis, sa structure métallique a été réalisée par les ateliers Eiffel. Elle est entourée des anciennes écuries qui abritaient jusqu’à cent chevaux et dont les mangeoires en marbre noir et les râteliers en chêne ont été conservés.
  • La chapelle du Marquis : de style inspiré du byzantin avec son dôme en trompe l’œil, la chapelle a été décorée par un peintre italien. Elle fut bénie en 1869 par Mgr. Pie évêque de Poitiers originaire de Pontgouin. A noter sur les vitraux les quatre apôtres tenant chacun un évangile à la main.
  • La devise : sculptées dans des massifs de buis, les armoiries des chanceliers d’Aligre et leur devise « Non uno gens splendida sole » (Ma famille brille de plus d’un éclat), également visibles au plafond de l’ancienne salle de billard, trônent au centre des jardins.

Plus de 60 ans de présence des Apprentis d’Auteuil

En 1946, le Père Duval, Directeur Général de l’œuvre des Orphelins Apprentis d’Auteuil à la recherche d’un site susceptible d’accueillir les nombreux orphelins de guerre qui frappent à sa porte, apprend, par le Chanoine Verdier Dufour, curé de Notre-Dame à Nogent-le-Rotrou, que le Château des Vaux est à vendre à des conditions exceptionnelles. Il en fait l’acquisition en octobre et une centaine d’orphelins investit les lieux sous la direction du Père Barat, jeune missionnaire de la congrégation des pères du Saint-Esprit.

Aujourd’hui, les Apprentis d’Auteuil accueillent, éduquent, forment et insèrent sur le site du Château des Vaux près de 800 jeunes en difficulté sociale, familiale ou  scolaire. Chacun bénéficie d’un parcours personnalisé pour développer savoir-être et savoir-faire dans le domaine professionnel de son choix.